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🚩Robert Bothereau, premier secrétaire général de Force Ouvrière : bâtisseur d'un syndicalisme libre et indépendant

  • Photo du rédacteur: Force Ouvrière Sarthe
    Force Ouvrière Sarthe
  • 9 juin
  • 4 min de lecture

Lorsque l'on évoque l'histoire de Force Ouvrière, deux noms reviennent immédiatement : Léon Jouhaux et Robert Bothereau. Si le premier demeure la figure emblématique du syndicalisme libre en France, le second fut l'artisan de la construction de la nouvelle confédération et son premier secrétaire général.


De 1948 à 1963, Robert Bothereau va consacrer son énergie à bâtir une organisation syndicale fondée sur un principe simple mais essentiel : l'indépendance.


Des origines ouvrières


Robert Bothereau naît le 22 février 1901 à Baule, dans le Loiret. Issu d'un milieu modeste, il devient ajusteur-mécanicien et adhère très jeune à la Confédération Générale du Travail (CGT).

Militant actif, il gravit progressivement les échelons de l'organisation syndicale. Son engagement, sa rigueur et ses capacités d'organisation le conduisent à devenir secrétaire de l'Union départementale CGT du Loiret, puis membre du bureau confédéral de la CGT en 1933.

Dès cette époque, il se montre particulièrement attaché à la Charte d'Amiens de 1906, texte fondateur du syndicalisme français qui affirme l'indépendance des organisations syndicales vis-à-vis des partis politiques, des religions et de l'État.


« Le syndicalisme ne peut remplir sa mission que s'il reste libre. »

Cette conviction deviendra le fil conducteur de toute son action militante.

Un résistant syndical

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que le régime de Vichy dissout les organisations syndicales, Robert Bothereau refuse toute collaboration.

Aux côtés de Léon Jouhaux et d'autres responsables syndicaux, il participe activement à la résistance syndicale clandestine. Il contribue notamment à maintenir les liens entre les militants et à préserver les structures du mouvement ouvrier malgré la répression.


En 1943, il participe aux Accords du Perreux, qui permettent le rapprochement des différentes tendances syndicales dans le cadre de la lutte contre l'occupant nazi.

Son engagement durant cette période lui vaudra plusieurs distinctions honorifiques après la guerre, notamment la Médaille de la Résistance.


La rupture avec la CGT


À la Libération, la CGT retrouve son unité. Toutefois, les tensions apparaissent rapidement entre les militants attachés à l'indépendance syndicale et ceux favorables à une orientation plus étroitement liée au Parti communiste français.

Robert Bothereau fait partie de ceux qui considèrent que le syndicat ne peut être l'instrument d'un parti politique, quelle que soit sa couleur.


À mesure que l'influence communiste se renforce au sein de la CGT, les désaccords deviennent irréconciliables. Le 19 décembre 1947, une partie importante des dirigeants confédéraux quitte la CGT. Quelques mois plus tard, les 12 et 13 avril 1948, la Confédération Générale du Travail - Force Ouvrière est officiellement créée.


Robert Bothereau est élu premier secrétaire général de la nouvelle organisation.

« Un syndicat doit défendre les travailleurs et non servir une politique. »

Cette phrase résume l'esprit dans lequel FO a été fondée.

Construire Force Ouvrière

La tâche est immense.

Contrairement aux organisations déjà installées, Force Ouvrière doit tout reconstruire :

- ses fédérations ;

- ses unions départementales ;

- ses syndicats ;

- ses structures de formation ;

- son réseau militant.


Pendant quinze ans, Robert Bothereau parcourt la France pour implanter la nouvelle confédération. Sous son impulsion, FO développe une ligne syndicale reposant sur plusieurs principes fondamentaux :

- l'indépendance syndicale ;

- la liberté de négociation ;

- la démocratie interne ;

- la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs ;

- le refus de toute tutelle politique.


Ces principes demeurent aujourd'hui encore au cœur de l'identité de Force Ouvrière.

Une action internationale

Dans le contexte de la Guerre froide, Robert Bothereau participe également au développement du syndicalisme libre au niveau international.

Il contribue à renforcer les liens entre les organisations syndicales démocratiques européennes et internationales qui refusent toute soumission aux blocs politiques.

Cette dimension internationale constitue alors un enjeu majeur pour la défense des libertés syndicales dans le monde.


Une succession préparée


En 1963, après quinze années à la tête de la confédération, Robert Bothereau choisit de passer la main. Il organise sa succession au profit d'André Bergeron, qui poursuivra le développement de Force Ouvrière pendant plus de vingt-cinq ans.

Fait rare dans le monde syndical, Robert Bothereau se retire ensuite de la vie confédérale sans chercher à influencer ses successeurs.


Cette discrétion illustre sa conception du militantisme : les organisations doivent être plus importantes que les hommes qui les dirigent.

« La liberté syndicale ne se partage pas, elle se défend. »

Un héritage toujours vivant

Robert Bothereau s'éteint le 31 mai 1985.


Son héritage demeure pourtant profondément ancré dans l'ADN de Force Ouvrière.


À travers les décennies, la confédération a continué de revendiquer les principes qui ont guidé son action :

- l'indépendance ;

- la liberté ;

- la négociation collective ;

- la défense des salariés ;

- le respect du pluralisme.


Plus qu'un dirigeant syndical, Robert Bothereau fut avant tout le bâtisseur d'une organisation dont la vocation reste aujourd'hui de défendre les travailleurs en toute indépendance.

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Pourquoi l'indépendance syndicale reste la marque de fabrique de FO


Lorsque Robert Bothereau participe à la création de Force Ouvrière en 1948, il ne cherche pas simplement à créer une nouvelle confédération.

Son objectif est de préserver l'un des principes fondamentaux du syndicalisme français : l'indépendance.

Pour lui, un syndicat doit pouvoir soutenir une revendication, signer un accord ou s'opposer à une réforme en fonction des seuls intérêts des salariés.

Cette conception trouve son origine dans la Charte d'Amiens de 1906 et demeure aujourd'hui l'un des fondements de l'action de FO.

Cette exigence d'indépendance constitue le fil conducteur de l'histoire de la confédération.

C'est cette liberté qui permet à FO de défendre ses positions sans dépendre d'un gouvernement, d'un parti politique ou d'un quelconque groupe d'influence.

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Repères chronologiques

1901 : naissance à Baule (Loiret)

1919 : adhésion à la CGT

1933 : entrée au bureau confédéral de la CGT

1943 : participation à la Résistance syndicale et aux Accords du Perreux

19 décembre 1947 : départ de la CGT

12-13 avril 1948 : création de Force Ouvrière

1948-1963 : premier secrétaire général de FO

1963 : transmission de la direction à André Bergeron

31 mai 1985 : décès de Robert Bothereau

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Sources

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